Le Columbia Plateau (Etat de Washington / Etats Unis)

drapeau francaisEn me dirigeant vers Yellowstone à partir de Seattle, j’ai traversé le Columbia Plateau qui doit son nom à la rivière Columbia qui le traverse. Il s’agit d’un trapp, autrement dit un immense plateau basaltique aux versants en gradins qui recouvre une grande partie de l’État de Washington, du nord de l’Oregon et de l’ouest de l’Idaho, entre la Chaîne des Cascades et les Montagnes Rocheuses.

Columbia plateau

Source:  USGS

Le Columbia Plateau s’est formé à la fin du Miocène et au début du Pléistocène, avec un des plus importants épanchements de lave que la Terre ait jamais connus. Pendant 10 à 15 millions d’année des flots de lave se déversèrent et recouvrirent quelque 160 000 km2 de la surface du nord-ouest Pacifique, en s’accumulant sur une épaisseur de plus de 1,8 km. Les lacs et forêts qui occupaient cette zone humide à l’origine disparurent sous les flots incandescents. Quelques forêts pétrifiées sont aujourd’hui les restes de cette destruction. Au fur et à mesure que la lave s’entassait à la surface, la croûte terrestre s’enfonçait dans l’espace ainsi libéré. Cette subsidence donna naissance au Columbia Basin.

Tout au long de la route qui traverse le Plateau, on peut observer une foule de colonnes et autres éventails basaltiques, derniers témoins de l’activité qui a secoué cette région il y a des millions d’années. La région de Wenatchee présente des formations particulièrement intéressantes que l’on peut voir dans les photos ci-dessous.

 —————————————–

drapeau anglaisWhile travelling from Seattle to Yellowstone, I drove across the Columbia Plateau which takes its name from the Columbia River that crosses it. The region is a trapp, a huge basaltic plateau that covers much of the U.S. states of Washington, Oregon, and Idaho. (see map above)

During late Miocene and early Pliocene times, one of the largest flood basalts ever to appear on the Earth’s surface engulfed about 160,000 km2 of the Pacific Northwest. Over a period of perhaps 10 to 15 million years, lava flow after lava flow poured out, accumulating to a thickness of more than 1.8 km. The forests and lakes that occupied this originally wet area disappeared under the flows of incandescent material. A few petrified forests are the only remnants of this destruction. As the molten rock came to the surface, the Earth’s crust gradually sank into the space left by the rising lava. The subsidence produced the Columbia Basin.

Along the road that crosses the Plateau, one can observe countless basalt columns and fans which are the last witnesses of the activity that shook the region millions of years ago. The Wenatchee area harbours very interesting geological formations that can be seen in these photos.

Col 01

Col 02

Col 03

Col 04

Col 05

Col 06

Col 07

Col 08

Col 09

Col 10

Col 11

Photos:  C.  Grandpey

Laisser un commentaire

Classé dans Science, volcans

Ambiance d’orage à Yellowstone

C’était un soir de juillet dans le Parc de Yellowstone. La chaleur lourde qui régnait depuis le matin était annonciatrice d’orages. Le Lower Geyser Basin ne subit pas les assauts de la foudre mais le ciel d’encre qui lui servait de toile de fond était propice à des clichés intéressants. Les lumières se modifiaient de minute en minute, créant une ambiance très particulière avec des couleurs à la limite de l’irréel. Le phénomène a duré une vingtaine de minutes, à la suite quoi les belles lumières du crépuscule ont repris leurs droits.

Orage 01

Orage 02

Orage 03

Orage 04

Orage 05

Orage 06

Orage 07

Orage 08

Orage 09

Orage 10

Orage 11

Orage 12

Orage 13

Orage 14

Orage 15

(Photos:  C.  Grandpey)

2 commentaires

Classé dans Photo, Yellowstone

Le Kilauea sous haute surveillance // Kilauea volcano is fully monitored

drapeau francaisLes volcans ne connaissent pas la même gestion du temps que les humains. Ils ne prennent pas en compte la notion d’heures de travail et le besoin de sommeil. C’est la raison pour laquelle ils doivent être surveillés en permanence. Les techniques de surveillance ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies et les méthodes du passé ont été remplacées par des ordinateurs.
Les alarmes sont utilisées depuis longtemps à l’Hawaiian Volcano Observatory (HVO). Au cours des premières phases de l’éruption du Kilauea le long de l’East Rift Zone en 1983, les scientifiques du HVO voulaient savoir exactement à quel moment la lave allait commencer à déborder du cratère du Pu’uO’o, un événement qui indique généralement l’apparition de fontaines de lave. A cette époque, le personnel du HVO devait dérouler une lourde et encombrante bobine de câble en cuivre à travers l’ouverture où la lave était censée s’échapper du cratère du Pu’uO’o. Grâce à ce câble, une tension constante était communiquée par radio au HVO, et quand les données fournies par ce câble étaient soudain interrompues, les scientifiques savaient que lave avait coupé le circuit.
Aujourd’hui, des moyens beaucoup plus élaborés sont utilisés pour déclencher les alarmes lorsque le comportement des volcans hawaïens se modifie. Les appels et autres sonneries téléphoniques automatisés ont été remplacés par des sms et des courriels.
Par exemple, le système Swarm Alarm du HVO enregistre chaque heure les séismes qui se produisent dans un certain secteur de la zone sommitale du Kilauea. Le système avertit automatiquement l’Observatoire si le nombre dépasse le seuil fixé par le sismologue de service. En effet, un essaim sismique inhabituel peut signaler un changement dans le système volcanique susceptible de déboucher sur une nouvelle émission de lave.
Un autre système d’alarme s’appuie sur des inclinomètres électroniques. Les variations  d’inclinaison de la pente de l’édifice volcanique ne sont pas inhabituelles car le volcan répond aux mouvements du magma dans les réservoirs superficiels. Toutefois, si des variations d’inclinaison significatives sont détectées, un programme informatique envoie un message d’alerte invitant les scientifiques à contrôler attentivement la situation.
Le HVO utilise des caméras thermiques qui surveillent le cratère Pu’uO’o. Ces caméras prennent des photos toutes les deux minutes et, si un point chaud remplit plus de cinq pour cent des images, un message texte est envoyé, accompagné d’une image. Lors de la réception d’un tel message, les scientifiques du HVO vérifient d’autres données (y compris des images plus récentes fournies par les webcams) pour voir si la lave remplit ou déborde du cratère.
Le HVO utilise également l’imagerie thermique fournit par le satellite GOES (Geostationary Operational Environmental Satellite) pour détecter les températures du sol anormalement élevées dans des secteurs autres que le sommet du Kilauea et le champ de lave du Pu’uO’o. Si de telles températures anormales sont repérées, un programme informatique envoie un message texte avec une image intégrée aux géologues du HVO afin que la situation puisse être étudiée.
Source: HVO.

 ———————————————

drapeau anglaisVolcanoes don’t keep time as humans do. They do not take into account the notion of regular working hours and the need for sleep. This is the reason why they need to be monitored permanently. Surveillance techniques have much changed over the past decades and the methods of the past have been replaced by computers.

For instance, alarms have long been used at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). During the early episodes of Kilauea’s ongoing East Rift Zone eruption, HVO scientists wanted to know exactly when lava began spilling out of the Pu‘u O’o crater, which usually indicated the onset of lava fountains. This was in 1983, years before the advent of webcams!  So, HVO staff had to use a heavy spool of copper cable over rugged lava flows and across the spillway where lava would first flow down the side of Pu’uO’o. Using this cable, a steady voltage was radioed back to HVO, and when readings from this electronic tripwire were suddenly interrupted, scientists knew lava had broken the circuit.

Today, far more sophisticated ways are used to trigger alarms when the status of Hawaiian active volcanoes changes. Automated phone calls, pages, and ringing bells have been replaced by texts and emails.

For example, HVO’s Swarm Alarm counts earthquakes occurring in a certain region of Kilauea’s summit area within the past hour. The system automatically notifies the Observatory’s monitoring group if the number surpasses the threshold set by HVO’s seismologist. Indeed, an unusual cluster of earthquakes could signal a change in the volcanic system that may lead to a new outbreak of lava.

Another alarm system monitors the slope of the ground using electronic tiltmeters. Slow changes in tilt are not unusual as the volcano adjusts in response to magma shifts within shallow reservoirs. However, if more rapid changes are detected, a computer program sends texts to notify us that it’s time to take a closer look at what else is happening.

HVO deploys thermal cameras that look into the Pu’uO’o crater. These cameras take fresh pictures every two minutes, and, if a hot spot fills more than five percent of the images, send a text message with an embedded image. Upon receiving such a message, HVO scientists check other data (including more recent webcam images) to see if lava is filling or overflowing the crater.

HVO also uses Geostationary Operational Environmental Satellite (GOES) thermal imagery to look for elevated ground temperatures in areas other than at Kilauea’s summit and on the Pu’uO’o lava flow field. If elevated temperatures are found, a computer program sends a text message with an embedded image to HVO geologists so that the situation can be further investigated.

Source : HVO.

GOES-program_large

Un scientifique de l’USGS programme un émetteur satelliatire GOES sur un site de contrôle des émissions de CO2.

(Photo: USGS)

Laisser un commentaire

Classé dans Hawaii, Kilauea, Science, volcans

Le volcan Mirage de Las Vegas (Nevada / Etats Unis)

drapeau francaisLe volcan de l’hôtel-casino The Mirage sur le Strip de Las Vegas entre en éruption moins fréquemment ces jours-ci, mais pas pour une raison géologique. Le volcan créé de la main de l’homme qui crache feu et eau depuis l’ouverture de l’hôtel en 1989 n’offrira désormais que deux à trois spectacles nocturnes.
Jusqu’à présent, le volcan entrait en éruption toutes les demi-heures, depuis le crépuscule jusqu’à minuit, en fonction des conditions de vent. Officiellement, c’est le plus grand nombre d’attractions le long du Strip qui provoque le changement, mais il semble bien que l’argent y soit aussi pour quelque chose !

MGM Resorts Inc., la société qui détient l’hôtel-casino The Mirage, va calculer les économies réalisées par ce changement d’horaires, la réduction de consommation d’énergie et observer la réaction des visiteurs. A côté du volcan de The Mirage, il n’y aura pas de changements dans la fréquence des spectacles de fontaines et jeux d’eau du Bellagio, gérés par la même société.
Désormais, le volcan de The Mirage entrera en éruption à 20 heures et 21 heures du dimanche au jeudi. Un spectacle supplémentaire sera proposé le vendredi et le samedi à 22 heures.
Le Strip de Las Vegas a commencé à ressembler à un parc d’attractions quand le volcan de The Mirage a été créé. Il a été suivi de la bataille navale en face de Treasure Island, l’Ile au Trésor, et du spectacle désormais emblématique des fontaines du Bellagio. Treasure Island a été vendu en 2009, et la bataille navale a disparu il y a près de deux ans.
Après être devenu le propriétaire de l’hôtel The Mirage, MGM a dépensé 25 millions de dollars en 2008 pour une amélioration du volcan avec une nouvelle chorégraphie et une nouvelle bande son faite de roulements de tambour. À l’époque déjà, le but du spectacle était d’attirer un maximum de visiteurs et de les inciter à pénétrer dans le casino pour y dépenser de l’argent.
Source: journaux américains.

 —————————————-

drapeau anglaisThe Mirage volcano on the Las Vegas Strip is erupting less frequently, but not for any geological reason. The man-made volcano that has been spewing fire and water since the hotel’s 1989 opening will now offer two to three nightly shows.

Up to now, the volcano erupted every half-hour beginning at about dusk until midnight, wind permitting. Officially it is the larger number of attractions along the Strip that causes the change, but it seems money has to do with it too.

MGM Resorts Inc., the company which owns the Mirage casino-hotel, will monitor how much money the change saves, how much it will cut energy consumption and the reaction of visitors. Apart from the Mirage volcano, there will be no changes in the frequency of the company’s Bellagio fountain show.

The volcano is scheduled to erupt at 8 p.m. and 9 p.m. Sunday through Thursday. An additional 10 p.m. show will be offered Friday and Saturday.

The Strip evolved into something more akin to a theme park when the volcano at The Mirage was created, which was followed by a fiery pirate ship battle in front of the Treasure Island and the now-iconic fountain show in front of the Bellagio. Treasure Island was sold in 2009, and the pirate battle disappeared nearly two years ago.

After becoming the owner of The Mirage, MGM spent $25 million in 2008 upgrading the volcano with more fire choreographed to a pounding drum-beat soundtrack. At the time, executives said the challenge continued to be getting the show’s numerous watchers to walk inside the casino to spend money.

Source : American newspapers.

Vegas 01

Fontaines de feu de l’hôtel The Mirage.

Vegas 02

Fontaines d’eau de l’hôtel Bellagio.

(Photos:  C.  Grandpey)

Un commentaire

Classé dans Loisirs, volcans, Voyage

Requins, poissons et volcans // Sharks, fish and volcanoes

drapeau anglaisLe Kavachi est l’un des volcans sous-marins les plus actifs du sud-ouest de l’océan Pacifique, au large des îles Salomon. Les scientifiques australiens qui ont récemment approché le site éruptif n’en menaient pas large. A 15 km de distance, ils pouvaient percevoir les grondements sous-marins du volcan. Les plongeurs qui étaient venus s’aventurer sur la lèvre du Kavachi lors de missions précédentes avaient dû reculer à cause de la chaleur ou parce que l’eau acide leur brûlait la peau.
C’est dans ces conditions que l’équipe australienne a déployé ses instruments (robots, caméras sous-marines, etc.) pour obtenir un aperçu de l’ensemble du volcan ainsi que des fonds marins de la région. Leur plus grande surprise a été de voir des requins marteaux et des requins soyeux apparaître sur les images tournées à grande profondeur.
Ces animaux vivent dans une eau chaude et acide, donc un environnement très hostile. Les scientifiques se posent plusieurs questions: Comment ces animaux peuvent-ils s’adapter à un tel environnement extrême? Quel genre de changements ont-ils subi? Y a-t-il seulement certains animaux capables de supporter de telles conditions?
Malgré le fait que le Kavachi n’était pas vraiment en éruption, la vidéo montre des bulles de dioxyde de carbone et de méthane s’échapper des bouches qui percent les fonds marins, et où l’eau apparaît dans des couleurs différentes en raison du peu de fer et de soufre.
Il serait très intéressant de mettre en parallèle des observations de l’activité volcanique (à l’aide de sismographes, par exemple) et des observations de l’activité des requins.
Source: National Geographic.

Un navire de recherche australien a découvert un nouveau type de poissons vivant dans les volcans large de la côte du continent. Il a appelé un blackfish sans écailles.
L’équipe scientifique à bord du navire cherche à identifier ce petit blackfish avec des crocs translucides et sans écailles (aussi on ne sait pas si elle est un adulte ou larve). Mais il y avait beaucoup d’autres poissons qu’ils pouvaient identifier – surtout parce qu’ils étaient des versions larves de poissons et de homards qui sont cultivées en Australie. Lorsque les versions larvaires de ces animaux sont balayés de leurs pépinières de l’océan dans la mer ouverte, les agriculteurs supposent qu’ils sont perdus à jamais. Ils ont tort.
Il se trouve qu’ils sont en plein essor, et de grandir dans les eaux acides chaudes à proximité de volcans sous-marins.
L’article et les photos des poissons à cette adresse:
http://www.gizmodo.com.au/2015/07/australian-research-reveals-this-fanged-fish-can-live-inside-a-volcano/

 ———————————————-

drapeau anglaisKavachi is one of the most active submarine volcanoes in the south-west Pacific Ocean, off the Solomon Islands. The Australian scientists who recently travelled close to the eruptive site were literally scared. Anywhere within 15 km, they could hear the volcano rumbling. Divers who had gotten close to the outer edge of the volcano in previous missions had to back away because of how hot it was or because they were getting mild skin burns from the acid water.

So the Australian team deployed their instruments (robots, underwater cameras, etc.) to get a broad look at the whole volcano, including what the bottom looks like. Their biggest surprise was that hammerheads and silky sharks showed up on their deep-sea camera footage.

These large animals are living in hot and acidic water, a very adverse environment. The scientists asked several questions: How can these animals adapt to such an extreme environment? What sort of changes have they undergone? Are there only certain animals that can withstand it?

Despite the fact that Kavachi was not actively erupting, the video shows carbon dioxide and methane gas bubbles rising from the seafloor vents, and the water appearing in different colours due to reduced iron and sulphur.

It would be very interesting to pair observations of volcanic activity (with seismographs, for instance) with observations of animal activity, such as the sharks.

Source: National Geographic.

An Australian research vessel has discovered a new kind of fish living in volcanoes off the coast of the continent. It’s called a scaleless blackfish.
The scientific team on board the ship is trying to identify this tiny blackfish with translucent fangs and no scales (also it’s not clear whether it’s an adult or larva). But there were a lot of other fish they could identify — mostly because they were larval versions of fish and lobsters that are farmed in Australia. When the larval versions of these animals are swept out of their ocean nurseries into the open sea, farmers assume that they are lost forever. They are wrong.

It turns out that they are thriving, and growing up in the warm, acidic waters near underwater volcanoes.

The article and photos of the fish at this address :

http://www.gizmodo.com.au/2015/07/australian-research-reveals-this-fanged-fish-can-live-inside-a-volcano/

Requin

Volcan soyeux, habitant surprenant d’un environnement hostile. A noter qu’il peut se montrer agressif envers les plongeurs.

  (Photo: Wikipedia)

Laisser un commentaire

Classé dans Non classé

Kick’em Jenny (Caraïbes)

drapeau francaisKick’em Jenny est un vaste complexe volcanique sous-marin au large de l’île de la Grenade, à l’extrémité sud des Petites Antilles. Le Centre de Recherche Sismique (SRC) de l’Université des West Indies a décrété l’alerte Orange pour le volcan, après une forte hausse de la sismicité en début de journée le 23 juillet, ce qui pourrait indiquer qu’une éruption va se produire à très court terme. La Barbade, la Grenade, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Trinité-et-Tobago ont été placées en vigilance Orange Les instruments de surveillance du volcan, situé à 8 km au nord de la Grenade, ont enregistré une forte activité sismique continue entre 1h25 et 3 heures du matin le 23 juillet. Le SRC a indiqué que cette acticité sismique avait commencé le 11 juillet, et n’avait pas cessé depuis cette date. Au total, plus de 200 secousses d’intensité variable ont été enregistrées. Avec le niveau d’alerte Orange, le SRC recommande aux gouvernements de la Grenade, Saint-Vincent, la Barbade et Trinidad & Tobago d’informer les habitants sur les voies d’évacuation dans l’éventualité d’un tsunami. Les stations de radio sont également invitées à transmettre les messages d’urgence du SRC. Les habitants des îles concernées par la hausse du niveau d’alerte sont invités à suivre les mises à jour sur le site Internet du SRC. Les navires doivent rester à au moins 1,5 km du sommet de Kick’em Jenny et les bateaux de plaisance, ne doivent pas entrer à moins de 5 km du sommet du volcan. La dernière éruption de Kick’em Jenny remonte au 4 décembre 2001 et le volcan est entré en éruption douze fois depuis 1939.

Source: Antillean Media Group.

« Kick’em Jenny », quel nom bizarre ! Littéralement, cette appellation signifierait « Botte leur les fesses, Jenny ». Or, il n’y a pas de trace d’une Jenny qui aurait éconduit des hommes un peu trop entreprenants en leur assénant des coups de pieds dans l’arrière train. On pense que l’origine de « Kick’em Jenny » pourrait se trouver dans le créole « Quai que gêne », autrement dit « quai difficile » qui ferait référence aux problèmes rencontrés par les bateaux pour accoster avec la mer souvent houleuse dans le secteur.

Cela me rappelle l’une des origines possibles de « Elephant and Castle », un quartier du sud de Londres. Il n’y a ni éléphant ni château dans ce quartier. Le nom aurait été donné en référence à « La Infanta de Castilla » qui, prononcé à l’espagnole, a une sonorité très proche de Elephant and Castle !

 ——————————————

drapeau anglaisKick’em jenny is a vast underwater volcano off the island of Grenada, at the southern end of the Lower Antilles. The Seismic Research Centre (SRC) of the University of the West Indies has issued an Orange alert for the volcano, after a significant increase in seismicity in the early hours of July 23rd, suggesting than an eruption could occur in the very short term. Barbados, Grenada, St. Vincent & the Grenadines and Trinidad & Tobago have been put on orange alert

Instruments monitoring the volcano, located 8km north of Grenada, recorded strong, continuous activity between 1:25 a.m. and 3.a.m. The SRC said that signs of elevated seismic activity began on July 11th, and have continued since then. A total of more than 200 earthquakes, of varying magnitudes, have been recorded.

At the Orange alert level, the SRC recommends that the governments of Grenada, St. Vincent, Barbados and Trinidad & Tobago should advise residents of evacuation routes in the event of a tsunami. Radio stations are also being advised to convey emergency messages that may emanate from the SRC, and residents of the islands within the warning zone are asked to monitor updates on the SRC website. Shipping vessels should stay 1.5 km from the summit of Kick’em Jenny, and non-essential shipping, such as pleasure craft, should not enter within 5 km of the volcano’s summit.

Kick’em Jenny last erupted on December 4, 2001 and it has erupted twelve times since 1939.

Source : Antillean Media Group.

Kick

Kick’em Jenny se trouve dans la partie méridionale de l’arc antillais  (Source:  SRC)

Laisser un commentaire

Classé dans volcans

L’impact du dioxyde de soufre du Bárðarbunga (Islande) // The impact of Bárðarbunga’s sulphur dioxide

drapeau francaisL’éruption de 6 mois du Bárðarbunga (31 août 2014 – 27 février 2015) fut la plus importante en Islande depuis l’éruption dévastatrice du Laki de 1783 à 1784. Elle a produit environ 1,6 km3 de lave en couvrant une superficie équivalente à l’île de Manhattan.
L’éruption a généré des émissions de dioxyde de soufre (SO2) de près de 12 millions de tonnes, ce qui est plus que l’ensemble des émissions de SO2 en Europe en 2011. En Islande, la concentration de SO2 a dépassé dans une grande partie du pays 350 ug/ m3 et par heure, ce qui est considéré comme la limite pour la santé. Cette concentration a été observée pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines (voir mes notes précédentes sur l’éruption). Toutefois, les effets de l’éruption ne se limitent pas à l’Islande car de nombreuses parties de l’Europe ont également enregistré des niveaux élevés de SO2.
Les chercheurs ont d’abord craint que les émissions de SO2 soient beaucoup plus élevées, ce qui aurait causé des problèmes de santé graves à travers l’Islande et peut-être l’Europe. Leurs craintes s’appuyaient sur l’histoire passée du volcan. Il y a huit mille ans, le Bárðarbunga a connu une éruption encore plus puissante que celle du Laki. Il est bon de rappeler que cette dernière a tué quelque 10 000 personnes en Islande tandis que la pollution par le SO2 affectait des dizaines de milliers d’autres en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, en France et aux Pays-Bas.
Dans un article de la revue Geochemical Perspectives Letters (la revue de l’Association Européenne de Géochimie), un groupe de chercheurs islandais a détaillé les effets de l’éruption du Bárðarbunga sur l’environnement. Ils ont montré que le niveau de SO2 avait augmenté de manière significative à la suite de l’éruption. Les stations de surveillance installées en Irlande ont révélé des pics élevés, en particulier le 6 septembre, jour où le niveau de SO2 a dépassé les limites européennes pour la protection de la santé humaine. Même à une altitude de 1210 mètres dans les Alpes autrichiennes, le niveau de SO2 a culminé à 235 ug/m3, ce qui représente environ 60% des niveaux autorisés et près de 50 fois le niveau de référence normal d’environ 5 ug/m3.
Les chercheurs soulignent que pour la plus grande partie de l’Europe les effets sur la santé ont été minimes car l’exposition au SO2 n’a pas été prolongée. En 2014-15, c’est surtout la partie septentrionale de l’Islande qui a connu la plus forte pollution qui, heureusement, n’affectait guère des zones habitées. De plus, l’éruption est survenue au bon moment d’un point de vue météorologique, ce qui a minimisé les effets globaux en Islande, mais aussi ailleurs sur le continent européen. En effet, la vitesse moyenne du vent est plus élevée en hiver qu’en été, donc l’éruption du Bárðarbunga a produit des panaches qui se sont rapidement dispersés. Par ailleurs, en raison de la réduction du nombre d’heures d’ensoleillement en automne et en hiver, un pourcentage plus faible du SO2 émis était susceptible d’être oxydé dans des conditions sèches et transformé en acide sulfurique (H2SO4).
Source: Association Européenne de Géochimie.

 ———————————————–

drapeau anglaisThe six month long eruption of the Bardarbunga volcano (31 August 2014-27 February 2015 ) was the largest in Iceland since the devastating Laki eruption of 1783-84, producing around 1.6 km3 of lava, covering an area equivalent to Manhattan Island.

The eruption caused total sulphur dioxide (SO2) emissions of nearly 12 million  tonnes, which exceeded the total SO2 emitted in Europe in 2011. In Iceland, concentration of SO2 exceeded the 350 µg m-3 hourly average health limit over much of the country for days to weeks (see my previous notes about the eruption). However, the effects of the volcano were not confined to Iceland – many parts of Europe also saw high SO2 levels.

Researchers were initially concerned that the SO2 emissions would be much higher, which would have caused serious health problems throughout Iceland and perhaps Europe. They feared much worse effects when they referred to the past history of the volcano. Eight thousand years ago, Bardarbunga experienced an eruption even bigger than that of the 1783-84 Laki eruption which killed around 10,000 people in Iceland and the resultant SO2 pollution that affected tens of thousands in Europe, especially in the Britain, France and the Netherlands.

Writing in the journal Geochemical Perspectives Letters (the journal of the European Association of Geochemistry), a group of Icelandic researchers has detailed the environmental effects of the Bardarbunga eruption. They were able to show that the SO2 levels rose significantly in the wake of the eruption. Monitoring stations in Ireland showed high SO2 spikes, with SO2 levels exceeding the European limits for the protection of human health on September 6th. Even at an altitude of 1210 meters in the Austrian Alps, SO2 levels spiked at 235 µg m-3. This is around 60% of permitted levels, and nearly 50 times the normal background level of around 5 µg m-3

The researchers stress that for most of Europe, the effects on health would have been minimal, given that the SO2 exposure was not prolonged.  In 2014-15, most of Iceland, especially North Iceland, experienced gas pollution. However this was away from most inhabited areas. The eruption occured at the right moment for the weather, which tended to minimize the overall effects in Iceland, but also elsewhere on mainland Europe. Indeed, the average wind speed is higher in winter than summer, thus the Bardarbunga eruption produced fast-dispersing plumes. Because of reduced autumn-winter sunlight hours, a smaller per cent of emitted SO2 had the potential to be oxidised under dry conditions to sulphuric acid (H2SO4).

Source : European Association of Geochemistry.

Bardarbunga

L’éruption du Bárðarbunga le 4 septembre 2014 (Crédit photo : Peter Hartree / Wikipedia)

 

Laisser un commentaire

Classé dans Islande, Science, volcans

Ubinas (Pérou)

drapeau francaisDans un message qu’il m’a adressé hier, l’Institut Géophysique du Pérou indique que le magma de l’Ubinas est «très proche» de la surface du cratère et que dans les prochains jours il y aura « de nouvelles explosions à l’intérieur du volcan et des émissions de cendre plus fréquentes ». Le processus éruptif qui a commencé le 8 avril continue avec un « soudain changement » de l’activité sismique suivi d’une montée du magma et de la pression à l’intérieur de l’édifice, en raison d’un blocage probable à l’intérieur de la cheminée. Lundi soir, les scientifiques ont détecté une petite anomalie thermique à la surface du volcan. Les habitants de la vallée Ubinas à Arequipa sont invités à garder à portée de main des masques et des lunettes de protection contre la cendre volcanique. Le 9 juillet, l’Ubinas a connu un épisode éruptif avec une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 2.700 mètres et des retombées jusqu’à 15 km du volcan.

 ——————————————–

drapeau anglaisA message I received yesterday from Peru’s Geophysical Institute indicates that magma from Ubinas volcano is “very close” to the surface of the crater and that in the coming days there will be “new explosions in the interior of the volcano and more intermittent ash exhalations”.

The eruption process that started on April 8th continues with a “sudden change” in seismic activity following which magma has risen and internal pressure has increased because of a possible blockade inside the duct. Late Monday, scientists detected a low-intensity anomalous hot spot on the volcano’s surface. Residents of the Ubinas valley in Arequipa are urged to keep handy masks and protective glasses to shield themselves from possible ash dispersion.

On July 9th,  Ubinas erupted with an ash column up to 2,700 metres and ashfall as far as 15 km from the volcano.

Laisser un commentaire

Classé dans Amérique du Sud, volcans

Santorin (Grèce) : Du CO2 comme dans un cocktail // Santorini (Greece) : CO2 like in a cocktail

drapeau francaisLe site de la deuxième plus grande éruption volcanique de l’histoire humaine, au large de Santorin en Grèce, recèle aujourd’hui de superbes poches d’eau opalescente qui ont été récemment découvertes à une profondeur de 250 mètres. Ces poches d’eau, reliées les unes aux autres, contiennent des concentrations élevées de dioxyde de carbone. Elles permettront peut-être un jour d’expliquer les phénomène liés à l’accumulation du carbone dans les profondeurs des océans et de mieux surveiller le volcan de Santorin qui reste potentiellement actif.
Les poches d’eau varient en taille de 1 à 5 mètres de diamètre. Les scientifiques européens qui les ont observées pensent qu’elles sont éphémères, apparaissant et disparaissant comme une mare d’eau de pluie dans le désert. Lors d’une mission dans la région en juillet 2012, ils ont utilisé des véhicules d’exploration sous-marine de dernière génération pour localiser et analyser ces Kallisti Limnes, « les plus beaux lacs » en grec ancien. La crise volcano-sismique de 2011 avait déjà conduit les chercheurs à lancer des investigations sur un site d’activité hydrothermale bien connu au sein de la caldeira de Santorin.

Au cours de la reconnaissance préliminaire d’une grande faille du plancher océanique, un véhicule sous-marin autonome (AUV) a identifié des couches d’eau avec des propriétés chimiques inhabituelles. Suite à cette reconnaissance, les chercheurs ont utilisé Thétis, un véhicule avec des hommes à son bord. L’équipage du submersible a utilisé des capteurs chimiques pour observer les poches d’eau opalescente situées dans les dépressions au pied de la paroi de la caldeira (voir la carte ci-dessous). Les chercheurs ont ensuite envoyé un petit véhicule télécommandé (ROV) afin d’échantillonner les fluides hydrothermaux à l’intérieur des poches d’eau.
Le plus souvent, de telles poches d’eau au sein de l’océan sont des concentrations de saumure où le sel dissous en provenance des formations géologiques sous le plancher océanique crée une densité supplémentaire qui sépare la poche d’eau salée de l’eau de mer environnante. Dans le cas de Santorin, la forte densité des poches d’eau n’est probablement pas provoquée par le sel, mais par le CO2.
Il y a de  fortes chances pour que ce CO2 soit généré par l’activité sismique dans la région, avec la subduction de la plaque africaine sous la plaque eurasienne. Au cours de la subduction, le CO2 peut être libéré lors du dégazage du magma, ou à partir de matières sédimentaires qui subissent des modifications en étant soumises à des pressions et des températures très élevées.
Les chercheurs ont observé que les poches d’eau de Santorin ont un pH très faible, ce qui les rend très acides, et donc dépourvues d’organismes de calcification. En revanche, ils pensent que des organismes riches en silice pourraient être la source de l’opale dans les fluides.
Jusqu’à la découverte de ces poches d’eau riches en CO2, on pensait que lorsque le CO2 est émis à l’intérieur de l’océan, il se disperse dans l’eau environnante. A l’inverse, dans cette partie de Santorin, les deux fluides restent séparés et celui qui a la plus forte densité en CO2 reste au fond, un peu comme dans un cocktail, et forme ces poches d’eau opalescente.
Les capteurs de température ont révélé que celle des Limnes Kallisti était de 5 ° C supérieure à celle des eaux environnantes. Cette chaleur est probablement le résultat de la circulation de fluides hydrothermaux dans la croûte et au-dessus d’une source de chaleur plus profonde, comme une chambre magmatique. Les fluides à l’intérieur des poches d’eau répondent également aux variations de pression, comme les marées, ce qui peut donner des informations sur la structure de perméabilité du sous-plancher océanique.

Les variations de température et les modifications chimiques de ces poches d’eau peuvent venir en complément d’autres techniques de surveillance de l’évolution de l’activité volcanique dans la région.
Adapté d’un article de la Woods Hole Oceanographic Institution.
http://www.whoi.edu/news-release/co2-pools

Voici une petite vidéo montrant ces poches d’eau de mer riches en CO2:

http://mex1.whoi.edu:8080/http2/WHOI_CMS/Media_Relations/114953_CO2Pools.webm

 ————————————————-

drapeau anglaisThe location of the second largest volcanic eruption in human history, off Greece’s Santorini, are the site of newly discovered opalescent pools forming at a depth of 250 metres. The interconnected series of pools contain high concentrations of carbon dioxide (CO2) and may hold answers to questions related to deep sea carbon storage as well as provide a means of monitoring the Santorini volcano for future eruptions.

The pools range in size from 1 to 5 metres in diameter, and the European scientists who observed them believe they are ephemeral, appearing and disappearing like a rain pool in the desert. Working in the region in July 2012, they used a series of sophisticated underwater exploration vehicles to locate and characterize the pools, which they call the Kallisti Limnes, from ancient Greek for “most beautiful lakes.” A prior volcanic crisis in 2011 had led the researchers to initiate their investigation at a site of known hydrothermal activity within the Santorini caldera.

During a preliminary reconnaissance of a large seafloor fault, an autonomous underwater vehicle (AUV) identified subsea layers of water with unusual chemical properties.

Following the AUV survey, the researchers then deployed Thetis, a human occupied vehicle. The submersible’s crew used robotic onboard chemical sensors to observe the pools which are located within depressions of the caldera wall (see map below). Finally, the researchers sent a smaller remotely operated vehicle (ROV), to sample the pools’ hydrothermal fluids.

Usually, such pools within the ocean are brine pools where dissolved salt released from geologic formations below the seafloor creates the extra density and separates the brine pool from the surrounding seawater. In the case of Santorini, the pools’ increased density isn’t driven by salt, but probably by CO2 itself.

This CO2 is probably generated by the seismic activity in the region, caused by the subduction of the African tectonic plate underneath the Eurasian plate. During subduction, CO2 can be released by magma degassing, or from sedimentary materials which undergo alteration while being subjected to enormous pressure and temperature.

The researchers determined that the pools have a very low pH, making them quite acidic, and therefore, devoid of calcifying organisms. But they believe silica-based organisms could be the source of the opal in the pool fluids.

Until the discovery of these CO2-dense pools, the assumption has been that when CO2 is released into the ocean, it disperses into the surrounding water. But in that part of Santorini, the two fluids actually remain separate with the denser CO2 water sinking to form the pool.

Temperature sensors revealed that the Kallisti Limnes were 5°C above that of surrounding waters. This heat is likely the result of hydrothermal fluid circulation within the crust and above a deeper heat source, such as a magma chamber. The pool fluids also respond to variations in pressure, such as tides, and this may inform of the permeability structure of the sub-seafloor.  Changes in the pools’ temperature and chemical signals may thus complement other monitoring techniques as useful indicators of increased or decreased volcanism.

Adapted from an article of the Woods Hole Oceanographic Institution.

http://www.whoi.edu/news-release/co2-pools

Here is a short video showing these CO2-rich pools:

http://mex1.whoi.edu:8080/http2/WHOI_CMS/Media_Relations/114953_CO2Pools.webm

Santorin 03

Source:  WHOI.

Laisser un commentaire

Classé dans Science, volcans

Images du Sinabung (Indonésie)

drapeau francaisCela fait plusieurs semaines que le Sinabung montre une activité soutenue avec des panaches de cendre et des coulées pyroclastiques. Des milliers de personnes ont été évacuées. Les images de la situation abondent sur Internet. Voici quelques sites d’agences de presse qui présentent des galeries intéressantes.

 ——————————————

drapeau anglaisMount Sinabung has shown heightened activity over the past weeks with ash plumes and pyroclastic flows. Thousands of residents have been evacuated. One can find lots of images of the situation on the Internet. Here are a few examples of galleries released by press agencies.

http://uk.businessinsider.com/photos-of-mount-sinabung-in-indonesia-erupting-2015-6?op=1?r=US&IR=T

http://edition.cnn.com/2015/06/16/asia/gallery/mount-sinabung-eruption-photos/

http://www.huffingtonpost.com/2015/06/15/mount-sinabung-volcano-photos_n_7586054.html

 

Laisser un commentaire

Classé dans Indonésie, Photo, volcans